L’essentiel
- Il y a deux températures à régler : celle des pièces, que l'ADEME recommande à 19 °C quand elles sont occupées, et celle de l'eau des radiateurs, régulée par la loi d'eau.
- Une pompe à chaleur travaille idéalement avec une eau entre 35 et 45 °C, alors qu'une chaudière chauffe souvent à 60 °C (ADEME, octobre 2025).
- Baisser de 10 °C l'eau des radiateurs fait gagner 1 point de COP, selon l'ADEME. Passer de 55 à 45 °C améliore nettement le rendement d'une pompe à chaleur standard.
- Sur 100 maisons mesurées par l'ADEME, une pompe à chaleur sur trois pourrait mieux fonctionner avec de meilleurs réglages ou une installation plus rigoureuse.
- Une pompe à chaleur ne doit pas démarrer et s'arrêter plus d'une fois par heure. Au-delà, il faut prévenir l'installateur.
Une pompe à chaleur air-eau ne se règle pas comme une chaudière. On y trouve une température de consigne dans les pièces, comme avec tout chauffage, et une température d’eau dans le circuit, qui se règle à part. La première relève du confort et de la facture. La seconde conditionne le rendement de la machine, et c’est elle qu’un installateur doit régler avec soin. Cet article distingue les deux, avec les valeurs de l’ADEME, et dit ce qu’il faut contrôler chez soi. Pour comprendre pourquoi l’eau tiède suppose des radiateurs adaptés, voyez notre guide des radiateurs pour une pompe à chaleur air-eau.
La température des pièces
C’est le réglage le plus simple, et il suit les repères de l’ADEME pour tous les modes de chauffage, comme elle les publie dans son guide des bons gestes pour un chauffage plus économique, mis à jour le 12 décembre 2025. Dans les pièces de vie, comme le salon ou le bureau, elle recommande 19 °C quand elles sont occupées et 16 à 17 °C quand elles sont inoccupées. Dans une chambre, c’est 17 °C la nuit et quand elle est vide. Une chambre d’enfant passe à 17 °C la nuit et 19 °C en journée quand elle est occupée, et une salle de bain à 22 °C quand on l’utilise, puis 16 à 17 °C le reste du temps.
La même page prévient que le thermostat ne dit pas tout. Un fort taux d’humidité, des courants d’air ou des murs froids peuvent donner, avec un thermostat à 19 °C, un ressenti de 16,5 °C. Monter la consigne pour compenser coûte cher et ne règle pas le problème, alors que traiter l’air froid et l’humidité le fait.
La température de l’eau : la loi d’eau
L’eau envoyée dans les radiateurs est le vrai levier de la pompe à chaleur. L’ADEME le place en premier dans son article Comment maximiser la performance de votre pompe à chaleur air/eau, publié en octobre 2025 : plus l’eau est chaude, plus la machine consomme d’électricité et plus son rendement chute. Une chaudière chauffe souvent à 60 °C, alors qu’une pompe à chaleur est conçue pour fonctionner à plus basse température, idéalement entre 35 et 45 °C.
Cette température n’est pas fixe. Elle est commandée par la loi d’eau, un réglage qui définit automatiquement la température de l’eau en fonction de la température extérieure. Plus il fait froid dehors, plus l’eau est chaude. L’ADEME donne un exemple, repris dans le schéma ci-dessous. À 10 °C dehors, la loi d’eau peut envoyer de l’eau à 35 °C, et à -5 °C elle enverra peut-être de l’eau à 45 ou 50 °C.
Le gain est mesuré. D’après l’ADEME, baisser de 10 °C l’eau qui circule dans les radiateurs fait gagner 1 point de COP, et réduire la consigne de 55 °C à 45 °C optimise les performances d’une pompe à chaleur standard. Elle recommande de vérifier avec l’installateur que la loi d’eau est bien active, bien réglée et calibrée aussi bas que possible. Notre article sur la consommation réelle d’une pompe à chaleur place d’ailleurs une température de départ trop haute parmi les causes de surconsommation.
Il y a une limite. Une eau tiède ne chauffe une pièce que si les radiateurs sont assez grands, comme l’ADEME le précise : de petits radiateurs exigent une eau plus chaude, ce qui diminue le rendement, alors que de grands radiateurs ou un plancher chauffant diffusent la chaleur à basse température. Le réglage de la loi d’eau suit donc le réseau de la maison, et ne s’invente pas au hasard.
Ce que l’ADEME a mesuré dans cent maisons
Les recommandations de l’ADEME s’appuient sur une étude de terrain menée dans 100 maisons individuelles, réparties dans vingt départements, avec 2 094 points de mesure par logement. Le coefficient de performance (COP) moyen est de 2,9, soit 2,9 kWh de chaleur produits pour 1 kWh d’électricité consommé. Cette moyenne cache de forts écarts, car certaines pompes à chaleur bien installées et bien réglées dépassent un COP de 4, alors que d’autres peinent à atteindre 1,8.
Un tiers des pompes à chaleur de l’étude étaient mal réglées ou mal installées, et pourraient fonctionner mieux avec des réglages adaptés. L’ADEME retient quatre leviers, qui sont d’abaisser la température de l’eau, de choisir des radiateurs adaptés, de trouver les bons réglages et de choisir un installateur qui sait les faire. À ses yeux, une pompe à chaleur bien configurée divise en moyenne la facture de chauffage par deux, et par trois dans les meilleurs cas.
Les autres réglages à contrôler
La loi d’eau n’est pas le seul paramètre. L’ADEME demande que l’utilisateur ait accès à l’historique des cycles de marche et d’arrêt. Une pompe à chaleur ne devrait pas démarrer et s’arrêter plus d’une fois par heure, et au-delà il faut alerter l’installateur pour corriger le paramétrage, car ces cycles trop fréquents réduisent la durée de vie de la machine et augmentent la consommation. Notre article sur la pompe à chaleur qui tourne sans chauffer décrit ce qu’on peut vérifier avant de l’appeler.
La programmation horaire compte aussi. L’ADEME conseille de privilégier les phases de chauffe en journée, quand l’air extérieur est plus doux, parce que cela améliore le rendement global. Elle suggère même de poser la question avant l’achat : le devis doit mentionner une loi d’eau personnalisée, et l’ingénieure du service Bâtiment de l’ADEME citée dans l’article déclare préférer ne pas collaborer avec un installateur qui ne connaît pas la loi d’eau.
Les vérifications à faire chez soi
Quelques gestes suffisent pour savoir si votre pompe à chaleur est bien réglée. Regardez d’abord la température d’eau affichée par la régulation quand il fait froid dehors. Au vu de l’exemple de l’ADEME, une eau qui reste proche de 55 °C par temps doux justifie de revoir la loi d’eau avec l’installateur. Vérifiez ensuite si la machine s’arrête et redémarre à intervalles rapprochés, et si les pièces restent confortables à 19 °C. Enfin, demandez ce qu’est la loi d’eau de votre installation, les températures de départ prévues, et si elle a été adaptée à vos radiateurs. Pour une installation neuve, le bilan thermique est le bon point de départ de ces réglages.
Sources