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Quelle puissance de pompe à chaleur pour une maison bretonne ? Les déperditions de 64 000 maisons du 22

La règle des 100 W par m² ne tient pas : dans les Côtes-d'Armor, le besoin médian va de 41 à 101 W/m² selon l'époque de la maison. Estimez votre puissance, puis ce que l'humidité, le dégivrage et le sel changent à l'installation.

L’essentiel

  • Dans les Côtes-d'Armor, une maison médiane demande 75 W par m² par grand froid, mais l'écart va de 41 W/m² (après 2012) à 101 W/m² (1948-1974).
  • L'isolation compte plus que l'âge : pour 100 m² construits entre 1948 et 1974, le besoin passe d'environ 11,3 kW (peu isolée) à 5,2 kW (très bien isolée).
  • La règle des 100 W/m² surdimensionne la plupart des maisons et sous-dimensionne plus d'une maison sur quatre.
  • La part des maisons diagnostiquées chauffées par une pompe à chaleur est passée de 2,8 % en 2021 à 8,6 % en 2025, et 39 % d'entre elles datent d'avant 1975.

Quelle puissance de chauffage pour votre maison ?

Niveau d’isolation aujourd’hui
100 m²

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Besoin de chauffage par grand froid Calcul : déperditions médianes des maisons comparables du département × écart de 25.5 °C (19 °C intérieur, −6,5 °C extérieur, valeur de la méthode DPE pour notre zone). Le bilan thermique pièce par pièce fixe la puissance réelle. Demander un bilan thermique
La réponse courte La puissance d'une pompe à chaleur se calcule à partir des déperditions de la maison, pas de sa surface. Chez Armor PAC, nous avons calculé ces déperditions sur les maisons diagnostiquées du département : l'estimateur ci-dessus vous situe parmi les maisons comparables à la vôtre, avant le bilan thermique.

Pourquoi la surface ne suffit pas

Une pompe à chaleur doit compenser la chaleur que la maison perd par les murs, la toiture, les fenêtres, le sol et le renouvellement d’air. Ces pertes, exprimées en watts par degré d’écart (W/K), dépendent de l’isolation bien plus que des mètres carrés.

La puissance à installer se calcule ensuite pour le jour le plus froid de référence :

Puissance = déperditions (W/K) × (température intérieure − température extérieure de base)

Dans la méthode du DPE, la température extérieure de base est de −6,5 °C pour notre zone climatique (H2) sous 400 m d’altitude, ce qui donne un écart de 25,5 °C avec 19 °C à l’intérieur. La norme NF EN 12831, utilisée pour le bilan thermique, fixe une valeur par commune en tenant compte de l’altitude et de la proximité de la mer : c’est elle que doit retenir votre installateur.

Les déperditions réelles des maisons des Côtes-d’Armor

Nous avons analysé les déperditions déclarées dans les DPE de 64 189 maisons du département. Voici la puissance médiane nécessaire par grand froid, ramenée au mètre carré.

Époque de constructionMaisons analyséesPuissance médianeLa moitié des maisons entreBesoin annuel médian
Avant 194822 72287 W/m²66 et 115 W/m²138 kWh/m²
1948 à 197415 706101 W/m²76 et 126 W/m²168 kWh/m²
1975 à 19889 25673 W/m²62 et 85 W/m²111 kWh/m²
1989 à 20057 93163 W/m²57 et 71 W/m²89 kWh/m²
2006 à 20124 85151 W/m²45 et 57 W/m²65 kWh/m²
Après 20123 72341 W/m²35 et 46 W/m²45 kWh/m²

Deux constats :

  • Les maisons de 1948 à 1974 sont les plus exigeantes, plus encore que le bâti d’avant-guerre. Les murs épais en pierre ont de l’inertie ; les constructions de l’après-guerre, souvent en parpaing ou en brique sans isolant, perdent davantage.
  • 27 % des maisons dépassent 100 W/m². Appliquer la règle des 100 W/m² à tout le monde revient à se tromper dans les deux sens.

L’isolation divise la puissance par deux

À surface et époque égales, le niveau d’isolation change tout. Exemple pour une maison de 100 m² :

IsolationConstruite avant 1948Construite entre 1948 et 1974
Faible11,0 kW11,3 kW
Moyenne7,4 kW7,4 kW
Bonne6,2 kW6,1 kW
Très bonne5,3 kW5,2 kW

Si vous prévoyez d’isoler les combles ou de changer les fenêtres, faites-le avant, ou au moins signalez-le : une pompe à chaleur dimensionnée pour la maison d’avant travaux sera ensuite trop puissante.

La qualité d’isolation est celle calculée par le DPE. Dans l’estimateur, les descriptions (« combles isolés, fenêtres anciennes »…) sont des repères pour vous situer, pas des définitions officielles.

Trop puissante ou pas assez : ce qui se passe

  • Sous-dimensionnée, la pompe à chaleur tourne à pleine charge et déclenche souvent son appoint électrique, qui consomme comme un radiateur classique. C’est l’origine la plus fréquente des factures décevantes.
  • Surdimensionnée, elle démarre et s’arrête sans cesse. Ces cycles courts usent le compresseur et dégradent le rendement, surtout en mi-saison, quand la Bretagne passe l’essentiel de l’hiver.

La pompe à chaleur progresse, y compris dans l’ancien

Parmi les maisons diagnostiquées chaque année dans le département, la part chauffée principalement par une pompe à chaleur augmente nettement :

Année du DPE202120222023202420252026 (janvier à début septembre)
Maisons chauffées par PAC2,8 %4,3 %5,8 %7,1 %8,6 %8,4 %

Et ce n’est pas réservé au neuf : 39 % des maisons chauffées par une pompe à chaleur dans la base ont été construites avant 1975.

CommuneMaisons diagnostiquéesDéjà chauffées par PAC
Lamballe-Armor1 6128,9 %
Perros-Guirec1 0276,5 %
Ploufragan1 1146,1 %
Plérin1 4626,0 %
Binic-Étables-sur-Mer8325,6 %
Loudéac8775,6 %
Paimpol8105,6 %
Tréguier3504,0 %
Lannion1 9413,7 %
Saint-Brieuc2 9353,5 %
Guingamp6373,1 %
Dinan1 1552,9 %

Les communes où le gaz de ville est très présent (Dinan, Guingamp, Saint-Brieuc) comptent logiquement moins de pompes à chaleur.

L’humidité et le dégivrage

C’est la vraie spécificité bretonne. Quand la température extérieure se situe entre 0 et 7 °C environ et que l’air est humide, du givre se forme sur la batterie du groupe extérieur. L’appareil lance alors un cycle de dégivrage : il inverse brièvement son fonctionnement, ne chauffe plus la maison pendant quelques minutes, et un panache de vapeur peut apparaître. C’est normal, et cela se prévoit :

  1. Un groupe extérieur surélevé, sur un support ou un socle, pour que l’eau de fonte s’écoule et ne regèle pas sous l’appareil.
  2. L’évacuation des condensats, vers un drain ou un lit de gravier, pour éviter les flaques et le verglas.
  3. Un emplacement bien ventilé, hors des creux où l’air froid et humide stagne, comme les fonds de vallée du Léguer, du Trieux ou de la Rance.

Une pompe à chaleur bien dimensionnée absorbe ces cycles sans difficulté. Sous-dimensionnée, elle cumule dégivrages et appoint électrique.

Le sel et le vent sur le littoral

De Perros-Guirec à Binic en passant par Paimpol, les embruns déposent du sel sur la batterie en aluminium, ce qui accélère la corrosion et réduit l’échange thermique. Sur la côte :

  • choisissez un modèle ou une option avec traitement anticorrosion de la batterie ;
  • placez le groupe à l’abri du vent dominant, contre une façade protégée ;
  • faites rincer la batterie lors de l’entretien ;
  • vérifiez les conditions de garantie du fabricant en milieu salin.

Ce que cela change pour l’entretien

L’entretien est obligatoire au moins tous les deux ans pour les pompes à chaleur de 4 à 70 kW. En Bretagne, insistez sur le nettoyage de la batterie extérieure, le bon écoulement des condensats, le fonctionnement des sondes et du dégivrage, et l’état des fixations, exposées au vent.

Méthode

Analyse Armor PAC. Chiffres calculés le 16 septembre 2026 à partir de la base ouverte « DPE logements existants » de l’ADEME : maisons des Côtes-d’Armor de 30 à 400 m², diagnostiquées depuis juillet 2021, dont les déperditions totales (enveloppe et renouvellement d’air) sont renseignées. La puissance est égale aux déperditions multipliées par 25,5 °C, l’écart retenu par la méthode du DPE pour notre zone. Les valeurs sont des médianes et des quartiles ; le DPE repose sur des hypothèses conventionnelles et ne remplace pas un bilan thermique pièce par pièce.

FAQ

Questions fréquentes

La règle des 100 W par m² est-elle fiable ?

Non. Dans les maisons diagnostiquées des Côtes-d'Armor, la médiane est de 75 W/m², et 27 % des maisons dépassent 100 W/m². Appliquée partout, la règle surdimensionne les maisons récentes ou rénovées et sous-dimensionne les maisons anciennes peu isolées.

Faut-il surdimensionner pour être tranquille les jours de grand froid ?

Non. Une pompe à chaleur trop puissante fonctionne par cycles courts qui usent le compresseur et dégradent le rendement. Les quelques heures les plus froides de l'année peuvent être couvertes par un appoint, si le dimensionnement le prévoit.

Ma pompe à chaleur fume en hiver, est-ce grave ?

Non, c'est de la vapeur d'eau produite pendant le dégivrage : l'appareil inverse brièvement son cycle pour faire fondre le givre formé sur la batterie extérieure. Le phénomène est fréquent par temps froid et humide.

Faut-il un modèle spécial bord de mer ?

À proximité immédiate de la côte, un modèle ou une option avec traitement anticorrosion de la batterie est recommandé. Vérifiez aussi ce que prévoit la garantie constructeur en milieu salin.

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