L’essentiel
- Entre 4 et 70 kW, le délai entre deux entretiens ne peut pas dépasser deux ans : pompes à chaleur comme climatisations.
- L'entretien est réalisé à l'initiative de l'occupant, sauf clause contraire du bail.
- Une attestation d'entretien doit vous être remise dans les quinze jours suivant la visite.
- Le contrôle d'étanchéité du fluide, lui, ne se déclenche qu'au-delà de 2,4 kg de R410A ou 7,4 kg de R32 : la plupart des climatisations domestiques ne sont pas concernées.
- Budget observé : environ 150 € pour une visite seule, 180 € par an en contrat, d'après l'enquête Que Choisir de 2024.
Quelle obligation d’entretien s’applique chez vous ?
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Sur l’entretien, deux réglementations différentes se superposent, et beaucoup d’articles les mélangent. L’une vise le bon fonctionnement de l’appareil : c’est l’entretien périodique. L’autre vise les fuites de gaz à effet de serre : c’est le contrôle d’étanchéité. Elles n’ont ni le même champ d’application, ni la même fréquence, ni le même déclencheur. Voici ce que chacune impose réellement.
L’entretien périodique : tous les deux ans, de 4 à 70 kW
Le décret du 28 juillet 2020 a créé une obligation d’entretien pour les « systèmes thermodynamiques » dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 70 kW. Le terme couvre les pompes à chaleur air-eau, air-air, géothermiques, et les climatisations, réversibles ou non. Autrement dit : si l’appareil produit du chaud ou du froid dans cette plage de puissance, il est concerné.
Le code de l’environnement fixe trois règles simples :
- la période entre deux entretiens ne peut pas dépasser deux ans ;
- pour un appareil neuf, le premier entretien intervient dans les deux ans suivant l’installation ;
- l’entretien est réalisé par une personne remplissant les conditions de qualification professionnelle prévues par la loi de 1996 sur l’artisanat.
Deux exceptions méritent d’être connues. Les appareils de moins de 4 kW sortent du champ, ce qui concerne beaucoup de climatiseurs mono-split installés dans une seule pièce. Et les systèmes thermodynamiques destinés uniquement à produire l’eau chaude d’un seul logement sont expressément exclus : un chauffe-eau thermodynamique n’entre donc pas dans cette obligation. Au-delà de 70 kW, enfin, on ne parle plus d’entretien mais d’inspection périodique, tous les cinq ans, à la charge du propriétaire ou du syndic.
Qui doit le faire faire : l’occupant, sauf clause du bail
C’est le point le plus souvent mal compris entre bailleurs et locataires. Le texte est pourtant net : l’entretien d’un système individuel est effectué à l’initiative de l’occupant, sauf stipulation contraire du bail. Un locataire doit donc faire réaliser l’entretien et le payer, à moins que son contrat de location ne mette cette charge sur le propriétaire.
Deux conseils pratiques qui en découlent. Si vous louez, lisez la clause d’entretien de votre bail avant d’engager la dépense, et demandez au propriétaire les attestations précédentes pour savoir quand la dernière visite a eu lieu. Si vous êtes bailleur et que vous tenez à garder la maîtrise de l’entretien de votre installation, ce qui est souvent plus sûr sur un appareil récent, il faut l’écrire dans le bail : le silence du contrat joue contre vous.
Ce que le professionnel doit réellement faire
L’entretien n’est pas qu’un nettoyage de filtre. Le code de l’environnement en fixe le contenu minimum :
- la vérification du système thermodynamique dans son ensemble ;
- un contrôle d’étanchéité du circuit de fluide frigorigène, distinct du contrôle périodique réglementaire évoqué plus bas ;
- le nettoyage de l’appareil si nécessaire ;
- son réglage ;
- des conseils sur le bon usage, les améliorations possibles de l’installation et l’intérêt éventuel d’un remplacement.
L’arrêté du 24 juillet 2020 détaille ce qui doit figurer dans l’attestation : identification de l’appareil (marque, modèle, numéro de série si possible, date de mise en service, puissance), date de la visite précédente, points vérifiés, appareils de mesure utilisés et résultats des mesures. L’attestation doit vous être remise dans les quinze jours suivant la visite, et c’est elle que vous devez pouvoir présenter en cas de contrôle. Une facture seule ne suffit pas.
Un bon indicateur de sérieux : un technicien qui relève des mesures, notamment les températures de départ et de retour d’eau ou les pressions, et qui vous explique les réglages de la loi d’eau plutôt que de se contenter d’un coup de souffleur sur la batterie extérieure. C’est précisément ce réglage qui fait la différence sur la facture.
Le malentendu du contrôle d’étanchéité et des « 2 kg »
De nombreux sites affirment qu’un contrôle d’étanchéité annuel est obligatoire dès 2 kg de fluide. C’était l’ancienne règle. Depuis le passage au calcul en tonnes équivalent CO2, le seuil dépend du fluide utilisé.
La FAQ officielle de la direction générale de la prévention des risques, mise à jour en février 2024, donne les équivalences : le contrôle d’étanchéité périodique ne s’applique pas en dessous de 2,4 kg de R410A ni en dessous de 7,4 kg de R32. Et les appareils fonctionnant au R290, le propane, ne sont pas soumis à cette réglementation puisque ce fluide n’est pas un gaz fluoré.
Conséquence concrète : une climatisation domestique, qui contient couramment 1 à 2 kg de fluide, n’est presque jamais soumise au contrôle d’étanchéité périodique. Une pompe à chaleur air-eau au R410A, en revanche, peut dépasser 2,4 kg et le devenir. Les deux informations, nature du fluide et charge en kilogrammes, figurent sur la plaque signalétique du groupe extérieur. Dans tous les cas, dès qu’un professionnel manipule le fluide, son entreprise doit détenir une attestation de capacité : c’est un document nominatif, que vous pouvez demander.
Combien coûte un entretien
Les prix publics sont rares dans ce métier, car la plupart des réseaux ne communiquent qu’après devis. L’enquête menée par Que Choisir auprès de ses lecteurs donne les ordres de grandeur les plus fiables dont nous disposons : environ 150 € par an pour un entretien sans contrat, et 180 € par an en moyenne pour un contrat d’entretien, souscrit par un peu plus de la moitié des répondants.

Un contrat ne se juge pas à son prix mais à ce qu’il ajoute à la visite obligatoire. Trois questions à poser avant de signer : le déplacement en cas de panne est-il inclus, la main-d’œuvre de dépannage l’est-elle, et un délai d’intervention est-il garanti en période de froid ? Si la réponse est non aux trois, le contrat ne fait que mensualiser une visite que vous pourriez commander à la demande. Vérifiez aussi la durée d’engagement et les conditions de résiliation. Sur quinze ans, l’entretien pèse environ 1 500 à 2 500 € : c’est l’un des postes que nous intégrons dans le calcul du coût réel d’une pompe à chaleur.
Ce que l’entretien évite : les chiffres d’une enquête sur 1 683 installations
En février 2024, Que Choisir a publié les résultats d’une enquête auprès de 1 683 propriétaires de pompes à chaleur air-eau, dont 58 % avaient été installées depuis 2020. Plus de neuf répondants sur dix se déclarent satisfaits de leur installation. Mais deux résultats tempèrent ce tableau.
Le premier concerne la fiabilité : « presque 1 participant sur 3 a déjà connu au moins une panne ». Un tiers des appareils posés en 2020 et 22 % de ceux posés en 2021 sont tombés en panne, et le prix moyen d’une réparation ressort à 1 500 €, avec des cas extrêmes bien au-delà. Rapporté aux 150 à 180 € d’un entretien, le calcul est vite fait : la visite ne garantit pas l’absence de panne, mais elle permet de détecter une fuite naissante, un filtre colmaté ou un vase d’expansion dégonflé avant que le compresseur ne souffre.
Le second concerne les économies. En Bretagne, 34 % des répondants ne constatent aucune baisse de leurs frais de chauffage. C’est considérable, et ce n’est presque jamais la faute de la machine seule : dimensionnement trop juste ou trop large, température de départ d’eau réglée trop haut, appoint électrique qui prend le relais trop tôt. Autant de points qui relèvent du réglage, donc de l’entretien et de la mise en service, et qui expliquent pourquoi nous insistons sur les mesures relevées pendant la visite. Une pompe à chaleur mal réglée fonctionne : elle coûte simplement beaucoup plus cher que prévu. Si votre appareil consomme plus qu’avant tout en chauffant moins, notre guide sur la durée de vie d’une pompe à chaleur aide à trancher entre un réglage, une réparation et un remplacement.
Ce que cela représente dans les Côtes-d’Armor
Chez Armor PAC, nous avons compté les appareils concernés dans la base des diagnostics de performance énergétique de l’ADEME, pour le département. Sur 107 486 logements diagnostiqués depuis juillet 2021, 2 137 sont chauffés principalement par une pompe à chaleur, soit 2 % du parc diagnostiqué : 1 614 air-eau, 299 air-air, 169 géothermiques et une cinquantaine d’appareils eau-eau.
Trois enseignements pour l’entretien :
- Le parc est jeune : 1 187 des pompes à chaleur air-eau recensées ont été posées après 2017. Beaucoup arrivent donc au moment où la garantie commerciale s’achève, et où le contrat d’entretien du fabricant cesse d’être imposé.
- 137 appareils ont plus de dix-sept ans (installés avant 2008), l’âge où la question n’est plus l’entretien mais le remplacement.
- L’air-air est sous-représenté dans ce comptage, car ces appareils servent souvent de chauffage d’appoint et ne sont alors pas enregistrés comme chauffage principal. Leur nombre réel est bien supérieur : ce sont aussi ceux dont l’entretien est le plus souvent oublié, alors qu’ils entrent dans l’obligation dès 4 kW.
Enfin, un rappel utile sur le littoral : l’air marin accélère la corrosion des batteries extérieures. Un rinçage à l’eau claire de la batterie, en plus de l’entretien réglementaire, prolonge nettement la durée de vie d’un groupe installé face à la mer.
Les gestes que vous pouvez faire vous-même
Entre deux visites, quatre gestes simples ne demandent aucune compétence particulière, et aucun n’implique d’ouvrir le circuit frigorifique :
- nettoyer ou dépoussiérer les filtres des unités intérieures d’une pompe à chaleur air-air, toutes les quatre à six semaines en saison d’utilisation ;
- dégager le groupe extérieur : feuilles, herbes, neige, cartons stockés contre la machine, en gardant les dégagements prévus par le fabricant ;
- vérifier la pression du circuit de chauffage sur une air-eau, généralement entre 1,5 et 2 bars à froid ;
- contrôler l’évacuation des condensats, qui se bouche facilement, et rincer la batterie extérieure à l’eau claire en bord de mer.
Tout le reste, et en particulier ce qui touche au fluide frigorigène ou au circuit électrique, relève du professionnel. Pour la visite réglementaire elle-même, nous vous mettons en relation avec un installateur qualifié du département : voyez notre page entretien et dépannage.
Méthode
Analyse Armor PAC. Obligations vérifiées dans le code de l’environnement, articles R224-44 à R224-44-5, dans l’arrêté du 24 juillet 2020 et sur le site du ministère de la Transition écologique. Seuils de contrôle d’étanchéité repris de la FAQ « fluides frigorigènes fluorés » de la direction générale de la prévention des risques, mise à jour de février 2024. Prix issus de l’enquête Que Choisir de février 2024. Chiffres départementaux calculés le 21 septembre 2026 à partir de la base ADEME des DPE de logements existants, champ : logements des Côtes-d’Armor diagnostiqués depuis juillet 2021, comptés par type de générateur de chauffage principal. Cette base ne couvre que les logements ayant fait l’objet d’un diagnostic, principalement lors d’une vente ou d’une mise en location, et non l’ensemble du parc.
Sources
- Ministère de la Transition écologique – entretien et inspection des systèmes de chauffage et de climatisation
- Code de l'environnement, articles R224-44 à R224-44-5 (décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020) et arrêté du 24 juillet 2020
- Direction générale de la prévention des risques – FAQ fluides frigorigènes fluorés, mise à jour février 2024
- Que Choisir – enquête pompes à chaleur air-eau auprès de 1 683 utilisateurs, février 2024
- ADEME – DPE des logements existants (extraction Côtes-d'Armor du 21 septembre 2026)